Musique et SACEM dans une winstub strasbourgeoise
Une winstub tient l'année sur son fond sonore, puis ajoute quatre semaines qui ne ressemblent à rien du reste. Or le texte qui tarife la sonorisation d'un restaurant écarte de son périmètre les soirées animées, et les dernières nuits de décembre ont leurs propres règles. Voici ce qui s'ajoute, ce qui se déclare à part, et qui encaisse quoi.
Le fond sonore et la soirée ne relèvent pas du même texte
Un accordéoniste le vendredi soir dans une winstub ne se déclare pas au même endroit que la playlist du service. Les règles des cafés et restaurants du secteur traditionnel portent sur les diffusions de sonorisation, et elles écartent en toutes lettres toute diffusion musicale attractive donnée dans le cadre d’animations à caractère musical.
Écarté ne veut pas dire exonéré : le texte renvoie ces diffusions aux tarifs qui leur sont applicables. Un document distinct, consacré aux animations dans les cafés, hôtels et restaurants, précise que les droits correspondants s’ajoutent à ceux de l’activité principale. Une maison qui programme quelques soirées dans l’hiver ne change donc pas de barème, elle en ouvre un second.
La part sonorisation, elle, se lit sur la salle. Au-delà de 100 places assises dans une commune de plus de 50 000 habitants, elle vaut 1 571,30 € HT par an, tarif réduit du millésime 2026. C’est le socle de l’année, et les animations se comptent par-dessus, sur leur propre texte. L’estimateur SACEM chiffre cette part sur votre salle, et le barème SACEM 2026 recense les textes qui se cumulent avec elle.
Le second barème compte des séances, pas des places
Les animations se tarifent sur leur nombre dans l’année, par tranches, jusqu’à un plafond de cent quatre par an. Encore faut-il quatre conditions réunies : un accès libre, sans billetterie spectacle ni majoration des prix habituels de la maison ; un budget artistique par animation sous le plafond fixé par le texte ; un établissement recevant du public de type N, à l’exclusion des types L et P ; et l’absence de structure scénique fixe.
Qu’une seule manque, et ce sont les règles des établissements commerciaux où il est d’usage de consommer en musique qui prennent le relais. La réduction de 10 % que ce document accorde ne vise que les établissements d’une commune comptant jusqu’à 2 000 habitants et réalisant un chiffre d’affaires sous le plafond prévu : aucune adresse de la Grande Île n’entre dans ce cas.
Décembre ne se déclare pas comme le reste de l’année
Le régime des animations s’arrête à deux dates : les diffusions données à l’occasion des réveillons des 24 et 31 décembre en sont exclues et relèvent d’une tarification spécifique, assise sur le prix du menu et le nombre de convives.
Reste le cas d’une exploitation qui n’ouvre que le temps du marché, un stand ou une annexe. Pour des diffusions données pendant une période inférieure à une année, le barème des cafés et restaurants retient 36 % du tarif annuel jusqu’à trois mois d’ouverture, puis 12 % du tarif annuel par mois supplémentaire, sans dépasser 100 % ; ouverte quelques jours par semaine seulement, la même exploitation suit une échelle distincte, de 25 % pour un jour à 100 % au-delà de quatre.
La winstub ouverte à l’année ne relève d’aucun de ces ajustements, qui portent sur la durée des diffusions. Le Christkindelsmärik de la place Broglie n’est pas votre exploitation : ce qui se déclare, c’est ce que vous ouvrez en plus de votre salle, et pendant combien de temps.
La facture unique s’arrête à la porte de la soirée
L’idée d’une facture unique tient pour le fond sonore, où la SACEM encaisse la rémunération équitable pour le compte de la SPRE, et cesse dès qu’une soirée est annoncée, de façon variable selon le genre de soirée.
Une animation à activité dansante ou menée avec un disc-jockey, dans un établissement permanent, donne lieu à une collecte directe par la SPRE, que le texte demande de contacter. Un repas en musique, une fête de famille ou un karaoké restent dans le circuit habituel, la SACEM collectant pour le compte de la SPRE. Un concert ou un spectacle vivant avec le concours d’artistes-interprètes n’y est pas soumis.
Côté droit d’auteur, tout se déclare sur clients.sacem.fr, auprès de la délégation DT Alsace, boulevard Clemenceau, joignable à dl.strasbourg@sacem.fr. Le tarif réduit, 20 % de moins que le tarif général, s’applique à l’exploitant ayant déclaré ses diffusions au préalable et conclu le contrat général de représentation dans les quinze jours calendaires suivant sa présentation. Le secteur est repris dans notre guide SACEM restaurant.
Sonoriser une winstub, décembre compris
Une winstub travaille l’année sur une routine et quelques semaines sur une exception. La routine demande de la continuité : la même couleur du déjeuner au second service, sans toucher un bouton pendant le coup de feu. Un catalogue d’environ 300 000 titres licenciés pour l’usage commercial et une curation par type de cuisine y suffisent, comme le décrit notre page musique pour restaurant. En saison, c’est le calendrier qui change : horaires plus larges, parfois un espace de plus à sonoriser, messages audio à passer.
L’accompagnement sur les démarches est humain et en français : la redevance reste due à la SACEM, nous aidons à la traiter sans nous y substituer. Les tarifs sont affichés et sans devis, Classic à 32 € TTC par mois et par établissement (28 € en engagement annuel) et Premium à 54 € TTC (49 € en annuel).
Sur les places du marché, la musique appartient à la ville et personne ne vous demande votre avis. Derrière votre porte, elle vous appartient encore, et c’est le seul endroit de la saison où vous décidez de ce que les gens entendent.
Questions fréquentes
Un restaurant strasbourgeois relève-t-il d'une tranche SACEM particulière ?
De la même que les autres grandes villes hors Paris. Le barème des cafés et restaurants croise la contenance en places assises et la population de référence de la commune, et Strasbourg, avec 293 771 habitants, se situe dans la tranche des communes de plus de 50 000 habitants, la dernière avant la colonne parisienne. C'est la part du calcul qui bouge le moins : tout le reste dépend de ce que vous ajoutez à votre fond sonore.
Une soirée avec un musicien ou un DJ se déclare-t-elle en plus ?
Oui, et sur un autre texte. Les règles des cafés et restaurants portent sur les diffusions de sonorisation et écartent explicitement la musique attractive donnée dans le cadre d'animations à caractère musical, qui relève des tarifs qui lui sont applicables. Un document dédié aux animations dans les cafés, hôtels et restaurants tarife celles-ci selon le nombre organisé dans l'année, et il précise que les droits correspondants s'ajoutent à ceux de l'activité principale de l'établissement.
Un stand ouvert seulement pendant le marché de Noël paie-t-il l'année entière ?
Non, à condition que les diffusions musicales soient effectivement données pendant une période inférieure à une année : dans ce seul cas, le barème des cafés et restaurants retient 36 % du tarif annuel pour une durée d'ouverture allant jusqu'à trois mois, puis un complément de 12 % du tarif annuel par mois supplémentaire, jusqu'à 100 % au plus. Pour une exploitation ouverte quelques jours par semaine seulement, ce même barème prévoit une échelle distincte, de 25 % pour un jour d'ouverture à 100 % au-delà de quatre. Une winstub ouverte à l'année n'entre dans aucun de ces deux cas.
Le réveillon du 24 ou du 31 décembre entre-t-il dans le forfait des animations ?
Non. Le texte des animations en cafés, hôtels et restaurants exclut de son périmètre les diffusions données à l'occasion des réveillons des 24 et 31 décembre, qui relèvent d'une tarification spécifique. Celle-ci ne raisonne ni en places assises ni en séances, mais sur le prix du menu et le nombre de convives, pour des soirées avec recettes de restauration.
Qui encaisse la rémunération équitable sur une soirée dansante ?
La SPRE elle-même, et c'est l'exception. Sur la sonorisation d'une salle, la SACEM collecte la rémunération équitable pour le compte de la SPRE, ce qui laisse une facture et un interlocuteur. Pour les animations musicales attractives d'un établissement permanent, à activité dansante ou avec le concours d'un disc-jockey, le texte indique que la SPRE perçoit directement et qu'il faut la contacter. La déclaration SACEM, elle, se fait sur clients.sacem.fr auprès de la délégation DT Alsace, boulevard Clemenceau, joignable à dl.strasbourg@sacem.fr.
250 lieux en France diffusent déjà en règle
La musique, les messages et l'accompagnement conformité, gérés au même endroit.
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