Musique et SACEM à Paris
Paris est la seule commune que le barème SACEM des cafés, bars et restaurants nomme en toutes lettres, au lieu de la ranger dans une tranche d'habitants. Voici ce que cette colonne parisienne change à votre redevance, ce qu'elle ne change pas, et comment sonoriser une salle et une terrasse qui ne travaillent pas au même rythme.
La réponse courte
Paris est la seule commune de France que le barème SACEM des cafés, bars et restaurants désigne par son nom. Partout ailleurs, la grille range les communes par tranche d’habitants, de la plus étroite, jusqu’à 2 000 habitants, à la plus large, plus de 50 000. Paris forme une colonne à elle seule, et c’est la plus haute des cinq.
Le reste ne change pas : la redevance est due dès qu’un enregistrement passe devant du public, elle se déclare sur clients.sacem.fr, et elle s’ajoute à votre abonnement musical au lieu de le remplacer.
Ce que la tranche parisienne change à votre facture
Le barème cafés et restaurants croise deux entrées : la contenance de la salle en places assises, et la population de référence de la commune. Cette seconde entrée compte cinq colonnes. Quatre décrivent des seuils d’habitants. La cinquième porte le nom de Paris.
Première conséquence, la plus directe : à capacité identique, un établissement parisien et un établissement lillois ne tombent pas dans la même case. Lille relève du dernier seuil chiffré, celui des communes de plus de 50 000 habitants ; Paris se situe encore au-dessus.
Deuxième conséquence, moins évidente : chez vous, la question de la population ne se pose pas. Ailleurs, elle mérite une vérification, parce que la population de référence retenue par la SACEM n’est pas le chiffre publié par l’INSEE : pour les communes touristiques, elle y ajoute une fraction de la population non permanente. À Paris, la colonne est nommée, il n’y a rien à recouper.
Ce que la colonne parisienne coûte, en chiffres 2026 et au tarif réduit : un café jusqu’à 30 places assises paie 1 721,33 € HT par an à Paris, contre 1 129,24 € pour le même établissement dans une autre commune de plus de 50 000 habitants. En haut de grille, au-delà de 100 places, l’écart va de 1 571,30 € à 2 395,22 €. Environ 52 % de plus, à capacité identique, pour la seule raison de l’adresse.
Pour votre capacité exacte, notre estimateur SACEM applique cette colonne, et le barème SACEM 2026 détaille les autres secteurs.
Dernier point, souvent mal compris : cette colonne ne concerne que les cafés, bars et restaurants. Une boutique de la rue de Rivoli est facturée sur son effectif au contact de la clientèle, une salle de sport sur sa surface et ses heures de cours. Leur adresse n’entre pas dans l’équation.
Cafés et terrasses : le cas parisien
Un café parisien exerce souvent deux métiers dans la même journée. C’est ce qui rend la question musicale plus délicate ici qu’ailleurs.
Le quartier Montorgueil en donne une bonne image. Piétonnisé dans les années 1990, il compte 488 commerces pour 5 132 habitants, d’après l’étude que l’Apur lui a consacrée. Le rapport entre ces deux chiffres dit presque tout : la clientèle arrive d’ailleurs, à pied, et se renouvelle plusieurs fois dans la journée.
Le matin, une terrasse travaille le passage. La musique y joue un rôle d’arrière-plan et doit rester basse, puisqu’elle sort dans la rue et remonte vers les fenêtres du dessus. Le soir, la même adresse remplit sa salle et cherche à garder ses clients assis : le tempo peut monter, la sélection se resserre, et le volume qui gênait dehors redevient tenable dedans. Deux publics, deux volumes, deux répertoires, sous la même enseigne.
C’est précisément ce qu’une programmation réglée par tranche horaire résout une bonne fois pour toutes. Vous fixez ce qui tourne au petit-déjeuner, ce qui prend le relais au service du midi, ce qui accompagne la soirée. Et quand la salle et la terrasse n’ont pas la même ambiance, elles se pilotent en zones séparées, chacune avec son niveau et sa sélection.
Les quartiers ne posent pas non plus la même question. Un café qui vit du flux des grands magasins, ceux que la Ville de Paris recense boulevard Haussmann et rue de Rivoli, sert une clientèle pressée et largement de passage : l’ambiance doit rester lisible et tenir plusieurs rotations d’affilée sans fatiguer. Une adresse de Montorgueil vit de l’habitude et du retour : elle peut assumer une signature sonore reconnaissable, qui fait partie de ce qu’on vient y chercher. Notre page musique pour café détaille cette approche par type de lieu.
SACEM et SPRE
Diffuser un enregistrement met en jeu deux droits distincts : celui des auteurs et compositeurs, perçu par la SACEM, et celui des artistes-interprètes et des producteurs, perçu par la SPRE. Pour un commerce, la SACEM encaisse les deux, ce qui vous laisse un interlocuteur unique et une facture unique. À Paris, cet interlocuteur est la délégation DT Paris, place de la Fontaine aux Lions, et le mécanisme d’ensemble est expliqué sur notre dossier SACEM.
Diffuser à Paris avec Horra
Ce que nous faisons ne dépend pas d’une adresse. Le catalogue, la programmation et le support fonctionnent de la même façon dans le quartier Montorgueil et dans une commune de 1 500 habitants.
- Environ 300 000 titres, tous licenciés pour l’usage commercial : des artistes que votre clientèle reconnaît, pas des nappes anonymes.
- Une sélection construite par des humains, selon le type de lieu et le moment de la journée.
- Une programmation réglée par zone et par tranche horaire, terrasse comprise.
- Vos messages audio, pour annoncer une carte, un service ou un horaire.
- Un vrai accompagnement, en français, au moment de déclarer ou de mettre à jour votre contrat. La redevance reste due à la SACEM : nous vous aidons à la traiter, nous ne la remplaçons pas.
- Des prix publics, sans devis : Classic à 32 € TTC par mois et par établissement (28 € en engagement annuel), Premium à 54 € TTC (49 € en annuel).
Un café de Montorgueil, une brasserie de boulevard et un salon de thé de quartier n’ont ni la même musique ni les mêmes heures creuses. C’est par là que commence la conversation.
Questions fréquentes
Combien coûte la SACEM pour un café à Paris ?
Le barème cafés et restaurants croise la contenance en places assises et la population de référence de la commune. Paris y occupe une colonne qui lui est propre, la plus haute de la grille : à capacité égale, un établissement parisien se situe donc au-dessus de la tranche des communes de plus de 50 000 habitants. Pour un ordre de grandeur sur votre capacité réelle, passez par notre estimateur SACEM, qui prend cette colonne en compte.
Comment déclarer la musique de mon établissement parisien ?
La déclaration se fait auprès de la SACEM, en ligne sur clients.sacem.fr. La délégation compétente pour Paris est la DT Paris, place de la Fontaine aux Lions, joignable à dl.paris@sacem.fr. Préparez l'adresse du lieu, le type d'établissement et sa capacité. Déclarez vos diffusions avant de les commencer, puis signez le contrat général de représentation dans les quinze jours calendaires suivant sa présentation : c'est cette séquence qui ouvre le tarif réduit.
Ma terrasse entre-t-elle dans le calcul de la redevance ?
Le barème raisonne en places assises, et la façon dont votre terrasse est comptée dépend de ce que vous déclarez et de votre exploitation réelle. C'est une question à poser à la DT Paris au moment de la déclaration plutôt qu'à trancher seul. Côté sonorisation, la terrasse pose un autre problème, celui du volume qui part vers la rue et vers les fenêtres du dessus.
La SACEM est-elle plus chère à Paris qu'en province ?
Pour un café, un bar ou un restaurant, oui : Paris est la seule commune à disposer de sa propre colonne, et c'est la plus élevée du barème. Pour un magasin ou une salle de sport, la réponse est non : ces secteurs sont facturés sur l'effectif au contact de la clientèle ou sur la surface, sans que la ville n'intervienne dans le calcul.
Puis-je utiliser un abonnement musical grand public dans mon café ?
Non. Les abonnements grand public sont réservés à un usage privé, et leurs conditions d'utilisation excluent la diffusion dans un lieu ouvert au public. Il vous faut un service dont le catalogue est licencié pour l'usage commercial. Cela ne remplace pas la redevance SACEM, qui reste due par l'établissement dans tous les cas.
250 lieux en France diffusent déjà en règle
La musique, les messages et l'accompagnement conformité, gérés au même endroit.
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